Présentation des acteurs
Le Centre des Métiers du Cuir et d’Art du Niger (CMCAN)
La création du Centre des Métiers du Cuir et d’Art du Niger (CMCAN) fait suite à une requête du gouvernement Nigérien auprès de la Coopération Française afin de développer les qualifications et les compétences de la main d’œuvre dans le secteur du cuir. La Coopération Française a ainsi, au travers du Projet d’Appui à la Formation Professionnelle (AFOP), lancé la construction du Centre en 2003.
Il a ensuite été remis aux Autorités Nigériennes en mars 2006. Il est dorénavant sous la tutelle administrative du Ministère de la Formation Professionnelle et Technique ; l’Ambassade de France poursuit cependant son appui en tant que partenaire privilégié. Le CMCAN est ainsi le fruit d’un partenariat franco-nigérien réussi dans l’amélioration de la formation professionnelle au Niger.
Ce Centre a la particularité de regrouper l’ensemble des activités du domaine Cuirs et Peaux selon l’approche filière (de la tannerie des peaux au marketing des produits finis). Les formations sont conçues pour satisfaire en priorité les professionnels de la filière, les artisans aux gestionnaires d’unité de production.
Les premières formations ont débuté en 2001 sous la direction d’un expert français en maroquinerie (Claude Brilland), ancien salarié d’Hermès et de Vuitton. Et depuis l’ouverture du Centre en 2004, plus de quarante formations ont été réalisées et plus de 550 artisans ont été formés dans le secteur de la maroquinerie et de la tannerie. Ces actions de formations ont eu un impact certain sur la qualité des prestations des bénéficiaires par l’amélioration de leurs compétences professionnelles.
Principalement voué à la formation, cet établissement a la particularité de pouvoir assurer des prestations en direction de divers partenaires économiques sous la forme d’expertise et de conseils, d’aide à l’innovation technique, de contrôle et de labellisation, d’exposition de produits et de prototypes, de communication professionnelle et commerciale.
De part son expertise et son équipement unique, le CMCAN constitue également un centre de « production d’excellence », l’accent étant porté sur la créativité et l’exigence de qualité tant au niveau du cuir que de la maroquinerie. Porté par des experts sectoriels français et tunisien, le Centre expérimente de nouvelles techniques afin de développer des produits capables de répondre aux normes internationales. Il est ainsi capable de réaliser tant des commandes importantes (par exemple, la fabrication de 550 cartables pour les Maires du Niger) que des exemplaires uniques et sur mesure.
Ses actions ont régulièrement été salués par les nombreux visiteurs officiels ainsi que lors des manifestations suivantes : SIAO (Salon International de l’Afrique de l’Ouest) à Ouagadougou, salon Fibres et Matières d’Afrique à Ouagadougou, SAFEM (Salon International de l’Artisanat pour la Femme) à Niamey, FIMA (Festival International de Mode Africaine) à Niamey…




Art Kem – Coopérative Télit
Art Kem est une SARL fondée en 2005 par Baptiste Bataille, styliste de mode, et Patrick Hamrouni, producteur d’événementiels. Elle a pour objet la création et la diffusion d’accessoires de mode éthique. Dans cette démarche, l’entreprise est soutenue par l’ONUDI (Organisation des Nations Unis pour le Développement Industriel) et le CPI (Centre de Promotion des Investisseurs).
Depuis août 2005, Art Kem travaille en collaboration avec la Coopérative Télit d’artisans touaregs située à Niamey – Niger, dans une démarche de commerce équitable. L’été 2007 marquera la construction d’un véritable atelier de production pour la Coopérative. Plus de 60 kilos de matériels professionnels ont été acheminés. Les plans de l’atelier ont été travaillés avec un architecte. Il peut accueillir 10 artisans dans des conditions optimales, où chacun possède dorénavant son propre plan de travail individuel. L’outillage utilisé est le même que les artisans professionnels Européens, ce qui leur permet une réelle qualité de finition et une exécution moins pénible des pièces à produire.
Art Kem a été rejoint en août 2006 par Georges Kamba, artisan Joaillier, depuis 35 ans, pour les grands noms de la place Vendôme à Paris. Ce dernier a été séduit par le projet et a rejoint l’entreprise en tant qu’associé. Il est aujourd’hui en charge de la formation des artisans et du contrôle qualité.
La volonté d’Art Kem est de « bousculer les mentalités » avec cette ambition d’offrir un produit alternatif, de grande qualité, dans une démarche humaine.
Présentation du projet
Le projet de création d’un atelier de formation en bijouterie ainsi qu’une première formation des artisans-joailliers fait l’objet d’une requête de financement auprès du Fonds Social de Développement (FSD) de l’Ambassade de France au Niger.
La formation de perfectionnement et l’équipement en matériel productif vont permettre aux stagiaires de pérenniser et développer leur collaboration avec des partenaires internationaux (créateurs, distributeurs,…) car elle leur aura permis d’atteindre un niveau technique tel qui leur permettra de réaliser des bijoux de qualité de manière sûre et stable.
L’impact attendu de ce projet est de tendre vers un revenu équitable des artisans bijoutiers, de sécuriser leurs commandes et leurs débouchés et d’assurer la pérennité et la régularité de leurs activités.
Au-delà des effets directs sur l’activité et le revenu des artisans bijoutiers formés, la réussite de ce projet peut insuffler une véritable dynamique d’innovation dans le domaine de la bijouterie tant au niveau technique qu’au niveau des modèles réalisés ; ce qui renforcerait leur compétitivité sur le marché international et le prestige de l’artisanat nigérien.
Les maîtres joailliers formés pourront également diffuser les compétences acquises en assurant de futures formations d’apprentis, ou d’autres maîtres artisans, et ainsi obtenir des sources de revenus complémentaires et contribuer à la pérennisation du projet.
Une reproduction et une extension adaptée de ce type de formation sont envisagées avec l’objectif à moyen terme de mettre en place une filière de formation professionnelle initiale et continue aux métiers de la bijouterie au Niger. La contribution de ce projet à l’essor de la formation professionnelle, pilier d’un développement durable au Niger, a convaincu le Ministère de la Formation Professionnelle et Technique d’y apporter son soutien.
Déroulement du projet
+Construction d’un atelier moderne de formation en bijouterie adapté pour accueillir une douzaine de postes de travail au CMCAN.
+Importation par avion du matériel et installation de l’équipement au CMCAN.
+Mise en œuvre de la formation technique :
Module technique 1 :
- mise en place de l’atelier avec connaissance du matériel et de l’outillage
- technique de préparation
- technique de finition
Module technique 2 :
- technique de séparation
- technique d’assemblage
Module technique 3 :
- technique de mise en forme
- technique de bases
+Suivi, évaluation et pérennisation de l’action :
- évaluation des compétences acquises par les stagiaires :
o évaluation de la qualité des produits issus des ateliers des stagiaires selon les critères techniques de la profession de bijoutier communément utilisés dans les pays dont sont originaires les partenaires internationaux
o évaluation des capacités de gestion des commandes et de services après-vente (tenue d’un livre de commande, enquête de satisfaction auprès des partenaires…)
o évaluation de l’amélioration des conditions de production dans les ateliers 6 mois après la fin du stage
- appui au développement de partenariats commerciaux internationaux
- appui à la diffusion des techniques acquises : préparation des futures sessions de formation
Partenariat
Le Niger, pays le plus pauvre au monde, ne s’élèvera qu’au prix d’un fort soutien en matière de formation professionnelle. Dans le domaine spécifique de l’artisanat, bien que la main d’œuvre soit qualifiée, celle-ci a besoin d’un appui adapté qui participerait également au rayonnement de l’art africain. Précisons que l’art joaillier touarègue est le plus prestigieux d’Afrique, et aussi le plus demandé par la clientèle occidentale.
Notre approche est complémentaire : former des professionnels au métier de bijoutier. Mais, votre reconnaissance dans le secteur pourrait vous permettre d’étendre votre approche en appuyant efficacement et durablement la création du premier centre de formation en bijouterie au Niger. En effet, un apport en matériel est fondamental pour amorcer la création de ce centre unique, mais également pour entrevoir une qualité escomptée et asseoir une notoriété internationale.
Au-delà de l’apport en matériel, établir une approche durable et équitable de ce projet passe également par une démarche « Nord / Sud » spécifique et adaptée ; et c’est pour cette raison que nous vous proposons de devenir l’un de nos partenaires. Notre proposition est d’établir un lien d’échange entre vous et les artisans du centre : échange de techniques par le matériel prodigué aux artisans, mais aussi un échange humain par le partage de votre savoir-faire.
Un partenariat offrirait la possibilité d’étendre vos activités à l’échelle internationale, vers une coopération plus pédagogique qu’uniquement matérielle. Des voyages pédagogiques vous offriraient la possibilité de travailler sur des thèmes spécifiques avec vos étudiants, qui viendraient ensuite partager avec les artisans nigériens. Ces échanges seraient sources d’innovation par le mélange subtil de techniques traditionnelles touarègues aux techniques modernes françaises, et d’inspiration par une découverte d’univers différents.
Grâce à l’expertise de Georges Kamba, nous avons analysé nos besoins en matériel productif afin de concevoir un atelier de bijouterie d’une qualité satisfaisante. Nous vous proposons ainsi une liste de matériel ; celle-ci n’est évidemment pas exhaustive, tout matériel étant le bienvenu.